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Tout a-t-il été dit et écrit sur le syndrome de l'imposteur?

« Soyez vous-même les autres sont déjà pris » : Oscar Wild.



Le syndrome de l'imposteur, est cette impression, de prendre la place de quelqu'un d'autre ou du moins de ne pas être à sa place dans une certaine situation souvent nous demandant de sortir de sa zone de confort.


Il est aussi la perception (et non la réalité) que si nous réussissons c'est principalement par chance, ou parce que nous avons rencontré les bonnes personnes ou par simple hasard et que très rapidement tout le monde va bientôt se rendre compte de l'imposture, que nous ne sommes pas aussi doués qu'ils le croient.


Dans ma carrière de juriste j’ai eu à faire à ce sentiment d’illégitimité un grand nombre de fois.

- Dans l’armée quand j’ai dû au pied levé remplacer un officier pour parler de l’application du droit dans le cyber à 24h de la conférence qui se tenait devant un parterre de généraux de plus 50 ans alors que j’étais une jeune juriste à peine sortie de la fac.


- Dans un autre contexte, lors de la première réunion de cabinet du Ministre pour lequel je travaillais au Qatar, j’ai dû prendre la parole devant tout le monde afin de me présenter et informer mes nouveaux collègues de la manière dont j’allais travailler à réformer avec eux tout un système législatif...


Dans chaque cas, il s’agissait d’un très fort malaise, de ne pas être à sa place, de ne quasiment plus arriver à respirer, comme si mon cerveau avait été gelé et qu’il se préparait à un échec cuisant.


Les quelques minutes qui précédaient l’évènement, étaient un cauchemar : sueurs froides, tremblements, rythme cardiaque accéléré gorge sèche, bout des doigts gelés et ces phrases dans ma tête à en perdre la raison : « qu’est-ce que tu fais là, ce doit être une erreur ? Tu vas te planter royalement ma chérie, regarde-toi, regarde-les, écoute ton anglais comme il est mauvais.... »


Je pouvais entendre la voix de ma mère qui m'a toujours répétée: "Oriane, nous n'avons pas de seconde chance de faire une première impression". Phrase emblématique de toute mon enfance et mon adolescence finissant de graver en moi le sentiment absolu de ne pas être à la hauteur et de ne devoir vivre que dans le regard des autres.


Et c'est justement en imaginant le regard et le jugement que l'autre peut porter sur nous, qui nous parait être réel, que nous travaillons de manière acharnée à gagner l'estime de l'autre (qui au passage n'est qu'un leurre, car tout se joue à l'intérieur de nous et non à l'extérieur) et enfin qui se termine en apothéose lorsque nous recevons un compliment et que nous considérons ne pas le mériter!


Cette spirale totalement angoissante, dépréciante, parasitante est forgée dans un discours intérieur négatif solidement ancré en soi qui devient réalité en renforçant l'idée que l'on va droit à l’échec ou que l'on ne mérite tout simplement pas notre réussite.